Thursday, 10 December 2015

JANA GUNSTHEIMER

shortlisted as 1of 3 for Prix du Dessin 2016 Fondation Daniel et Florence Guerlain, Paris

We are very pleased to announce the nomination of Jana Gunstheimer for the shortlist of the Prix de dessin contemporain of the Fondation Daniel et Florence Guerlain

www.fondationdfguerlain.com

Her solo exhibition at Museum Morsbroich, Leverkusen is on view until February 28th, 2016

Au premier regard, la facture des dessins de Jana Gunstheimer est classique et, par le crayon ou le graphite, nous entraîne au coeur des répliques des siècles passés. Mais c’est sans compter sur les histoires inventées et prétendues réelles… Les sources d’inspiration de cette artiste, qui a étudié l’histoire de l’art, sont bien les reproductions issues de livres qu’elle consulte à l’université. Elle les photographie, puis les reproduit dans son atelier, sans pour autant utiliser la projection. Jana Gunstheimer s’est parfois mise dans la peau d’une journaliste, nouant un lien étroit entre l’écrit et la réalisation plastique. Aujourd’hui encore, elle convoque chaque sujet tel un problème à résoudre qu’elle se doit d’analyser selon différents points de vue. Ce temps passé devant l’image est d’ailleurs primordial car il lui permet d’interroger
son statut. L’image n’est-elle qu’illustration ou fait-elle toujours référence à la fenêtre d’Alberti, en tant que miroir du monde ? Oui, pour certaines scènes choisies par Jana Gunstheimer, qui nous plonge dans le monde frivole de l’aristocratie française du xviiie siècle. C’est l’une de ses périodes favorites, tant l’apparat y était roi et la préparation de soi se révélait digne d’une oeuvre d’art. C’est aussi le siècle où cette confusion entre réalité et fiction (également par le décorum) était poussée jusqu’au plus grand raffinement. Dans ses oeuvres, autant que dans ses accrochages, Jana Gunstheimer crée le trouble tout en incorporant une relation performative au dessin.
Ainsi, après une réalisation minutieuse, elle pourra se mettre, de manière instinctive, à les lacérer. Ayant même réalisé une série qui se nomme Methods of Destruction, elle y simule des impacts de balles qui endommageraient une partie de la feuille, notamment sur Goya ou Caravage. Mais que détruit-elle ? L’histoire de l’art, l’image, ou sa signification ? Pour elle, il s’agit d’augmenter son pouvoir sur l’oeuvre, tout comme lorsqu’elle la quadrille ou la recouvre d’un carré blanc, sans faire aucunement référence aux différentes abstractions de l’histoire de l’art. L’image est considérée comme une personne jouant un rôle réactif par rapport à son spectateur et Jana Gunstheimer invoque son pouvoir physique, au sein de sa réalité fictionnelle